CIELT - Centre international d'études sur le linceul de Turin
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Le mandylion

Nom donné par les Byzantins à l’image d’Édesse qu’ils emportent à Constantinople en 944. Ce nom, de sens obscur, semble désigner un tissu ou un vêtement. Il viendrait de l’arabe mandil, serviette. Des représentations du mandylion permettent de connaître l’aspect de l’image d’Édesse. Il s’agit d’un rectangle plus large que haut, couvert d’un treillage d’or au milieu duquel une ouverture laisse voir le visage du Linceul.

Il est intéressant de noter que les Actes de Thaddée, qui sont un remaniement à la fin du VIe siècle de la Doctrine d’Addaï, emploient à propos de l’Image d’Édesse le terme tetradiplon, qui signifie à peu près « doublé en quatre », ce qui montre qu’on avait remarqué que le linge a été plié en huit épaisseurs derrière le treillage. Plusieurs des plis, qui ont marqué le tissu, ont été retrouvés par John Jackson en 1978. Des dimensions du Linceul, on peut déduire que l’image ou mandylion mesurait à peu près 120 cm de large sur 60 cm de haut.

Plusieurs auteurs, comme Évagre au VIe siècle, disent du portrait qu’il est acheiropoiêtos, « non fait de main (d’homme) », donc non peint. 

D’autre part, un codex latin cité par Dobschütz, mais non daté, parle de la sanguinea domini… ymago d’Édesse, « l’image sanglante du Seigneur ». Certains ont donc perçu le Linceul sous l’aspect du mandylion.

Du Tractatus traduit du syriaque au IXe siècle et conservé dans le codex Vossianus à Leyde, Gino Zaninotto tire la conclusion que l’on a su à Édesse que le mandylion conserve l’image du corps entier du Christ. Il y est dit que le linge envoyé à Abgar et conservé dans la cathédrale d’Édesse porte figura gloriosa et totius corporis nobilissimus status, « la glorieuse figure et la très noble forme de tout le corps » du Christ.

Pourquoi avoir dissimulé le linceul pour lui donner l’apparence d’un portrait ? D’une part, il est probable que les premiers Chrétiens ont hérité des Juifs leur répulsion pour tout ce qui touche à la mort. D’autre part, les premiers siècles chrétiens ne représentent le Christ que triomphant ou vivant, jamais souffrant ni mort. Les tout premiers crucifix ne datent que de la fin du Ve siècle.

Le mandylion est la source de toute une iconographie.