CIELT - Centre international d'études sur le linceul de Turin
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Problématique

N.B.
Les notices de ce site font actuellement l’objet d’une révision, parallèle au projet de réédition du Dictionnaire du Linceul de Turin de Daniel Raffard de Brienne (1997).
Les titres des notices déjà intégralement révisées sont suivies d’un astérisque.

Les notices révisées sont aussi publiées au fur et à mesure dans la Revue internationale du Linceul de Turin avec des notes et une bibliographie.

HYPOTHÈSE DU FAUSSAIRE (L’)

Les adversaires de l’authenticité du Saint Suaire s’efforcent avec persévérance d’imposer l’idée du travail d’un faussaire et, le plus souvent, d’un faussaire du XIVe siècle afin de faire cadrer leur affirmation avec la datation au carbone 14 qui, elle, se doit d’appuyer le mémoire de Pierre d’Arcis.

  • Mais le faussaire invoqué doit avoir des connaissances anachroniques et l’idée saugrenue de ne pas respecter les vraisemblances admises de son temps.
  • Il lui a fallu se procurer un tissu antique du Proche-Orient, le parsemer de poussières et de pollens invisibles sans le microscope inventé au XVIIe siècle.
  • Il lui a fallu aussi exécuter son dessin en négatif, cinq siècles avant l’invention de la photographie.
  • Pour cela il a utilisé un rayonnement d’un type encore inconnu en notre fin du XXe siècle.
  • Son dessin représente, de manière anatomiquement exacte, un homme aux caractéristiques particulières sans rapport avec les références artistiques du Moyen Âge.
  • Avec du sang authentique, il a reproduit toutes les étapes de la Passion et de la mort sur la croix, en tenant compte des découvertes archéologiques et médicales de la fin du XXe siècle !

IDENTIFICATION DE L’HOMME DU LINCEUL : LA MÉTHODOLOGIE (L’)*

« Et vous, qui dites-vous que je suis ? ». Si la réponse à cette question évangélique rencontre la subjectivité de chacun, le chercheur est invité, dans le cas du Linceul de Turin, à intégrer sa démarche dans un cadre objectivable. Mais, face à un simple drap de lin ayant fait l’objet d’études aussi interdisciplinaires et de controverses aussi profondes, le défi semble immense. Ce qui invite d’autant plus à la clarté dans la méthode.
La controverse moderne sur l’identification de l’homme du Linceul de Turin commence dès 1898, et avec une particulière vivacité en France. Toutefois, un point d’accord semble se faire entre tenants et adversaires de l’authenticité : cet homme crucifié, aux blessures si caractéristiques, ne peut être que Jésus, qu’il s’agisse d’une relique ou d’une représentation médiévale par un artiste ou un faussaire. C’est d’ailleurs, dès le XIVe siècle, la conviction de Pierre d’Arcis, dans son mémorandum, et de Nicole Oresme, dans son commentaire. Ce raisonnement logique est développé à la fin du XXe siècle, notamment par le mathématicien Bruno Barberis, au moyen de calculs de probabilité qui affichent des pourcentages touchant à la certitude absolue.
Mais, une fois assurée cette identification avec Jésus, l’historien se trouve confronté à une difficulté majeure : comment arbitrer entre une image apparue il y a deux mille ans ou il y a sept siècles ?
Dans la première moitié du XXe siècle, le conflit oppose le témoignage historique, sur lequel s’appuient la plupart des partisans du faux, aux caractéristiques physiques si singulières de l’image. Pour tout autre personnage que Jésus, l’identification de l’homme du Linceul de Turin ne poserait pas de difficulté, affirme le zoologiste et libre-penseur Yves Delage en 1902. La délicate conciliation entre les conclusions du STuRP en 1978 et les résultats de la datation par le carbone 14 en 1988 renouvelle l’exercice, sans jamais apaiser la tension épistémologique.
Poussant les travaux de Bruno Barberis, Emanuela Marinelli et Giulio Fanti tentent en 1998 un calcul aboutissant à la probabilité infinitésimale d’un faux médiéval. À l’opposé, des démarches plus intuitives se retrouvent fréquemment, lorsque le spécialiste, en s’appuyant sur son expérience, en vient à se forger une intime conviction ; si cette approche est précieuse, elle ne diminue pas l’influence de la subjectivité et, in fine, amoindrit la capacité à transmettre et convaincre.
Entre ces deux attitudes, l’usage de critères historiographiques traditionnels appliqués aux caractéristiques les plus indubitables du Linceul de Turin et l’emploi de raisonnements bayésiens ont récemment été proposés. Ils permettent de mieux percevoir les failles des démonstrations, les points d’achoppement et l’importance des a priori. Ils montrent toute la crédibilité de l’hypothèse de l’authenticité.